Rémi Pozzo
Vidéaste et photographe de mariage — Hauts-de-France
Je ne suis pas devenu vidéaste de mariage par stratégie. C'est arrivé comme ça.
Avant les mariages, je faisais des clips. Des photos pour des artistes que personne ne connaissait encore. Je passais mes nuits à monter, à chercher le bon cadre, le bon cut, le bon silence. Pas pour vivre — juste parce que j'avais besoin de raconter quelque chose en images.
Et puis un pote m'a demandé si j'étais dispo pour son mariage. J'ai dit oui sans trop savoir où je mettais les pieds. Le jour J, j'ai compris une chose : aucun scénario ne rivalise avec ce qui se passait devant moi. Un père qui craque pendant son discours. Deux regards qui se trouvent à travers une pièce bondée. Un fou rire nerveux juste avant le oui. Tout était déjà là. Il fallait juste être prêt.
Après, il y en a eu un deuxième. Puis un troisième. Et j'ai continué. Je n'ai toujours pas trouvé deux histoires qui se ressemblent. Chaque couple arrive avec ses silences, ses détails, son rythme. Mon travail, c'est de le trouver — et de le restituer en 8 à 10 minutes.
Je ne cherche pas à faire joli. Je cherche à faire vrai.
Le cinéma comme langage
Mon approche n'a pas changé : observer d'abord, comprendre ensuite, raconter enfin. Pas de mise en scène. Pas de script. Ce qui se passe devant ma caméra est vrai.
Mon travail est celui d'un documentariste. J'observe. Je ressens. Puis je monte un film qui raconte votre journée avec la précision d'un récit et la sincérité d'un souvenir.
Ce qui rend un film mémorable, ce n'est pas la technique. C'est ce regard échangé quand personne ne regarde. Cette larme retenue. Ce fou rire nerveux. C'est ça que je cherche.
L'authenticité avant tout
Je ne dirige pas. Je ne demande pas de « refaire » un moment. J'attends. Je regarde. Et quand l'émotion arrive, je suis déjà en train de filmer.
Dans vingt ans, la robe sera rangée, le lieu aura peut-être changé. Mais votre film sera intact. C'est pour ça que je le travaille comme si c'était le mien.
Film et photo. Même regard.
J'ai commencé par la photo. Puis le cinéma est arrivé. Aujourd'hui, je ne sépare plus les deux. Sur la plupart de mes mariages, je fais le film et les photos. Seul. C'est un choix.
Ça me permet de ne rien manquer et de livrer un ensemble cohérent — mêmes tons, même lumière, même sensibilité.
Une seule personne dans la pièce pendant les préparatifs. Un seul appareil.
Ce en quoi je crois
Authenticité
Pas de mise en scène. Pas de poses. Ce qui arrive devant la caméra est arrivé pour de vrai.
Discrétion
Les premières minutes, on regarde la caméra. Ensuite on l'oublie.
Émotion
Un plan qui ne raconte rien ne reste pas au montage, même s'il est beau.
Héritage
Vos films sont conçus pour durer. Pour être revus. Pour être montrés à ceux qui n'étaient pas là.